La facture électronique pour les auto-entrepreneurs : ce qui change en 2027

Oui, la facturation électronique devient obligatoire pour les auto-entrepreneurs. Depuis le 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques ; à partir du 1er septembre 2027, vous devrez aussi les émettre dans un format structuré, via une plateforme agréée, pour tous vos clients professionnels. Être en franchise de TVA ne vous en dispense pas.

Pas de panique pour autant : concrètement, la mise en conformité se résume le plus souvent à adopter un logiciel de facturation compatible. Voici ce qu’il faut savoir, dans l’ordre.

La facture électronique est-elle vraiment obligatoire pour un auto-entrepreneur ?

Oui. La réforme (article 91 de la loi de finances pour 2024, du 29 décembre 2023) s’applique à toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, quel que soit leur statut juridique ou leur chiffre d’affaires. Un auto-entrepreneur est un assujetti à la TVA — même s’il ne la facture pas grâce à la franchise en base. Il est donc pleinement concerné.

Ce qui change par rapport à vos habitudes : une facture PDF envoyée par e-mail, ou une facture Word/Excel, ne sera plus considérée comme une facture électronique au sens de la loi pour vos clients professionnels. Il faudra un fichier dans un format structuré (comme le Factur-X), transmis par l’intermédiaire d’une plateforme agréée par l’administration fiscale.

Quelles sont les dates à retenir ?

Le calendrier a été fixé par la loi de finances pour 2024 et confirmé depuis :

DateObligationQui est concerné
1er septembre 2026Recevoir les factures électroniquesToutes les entreprises, y compris les micro-entreprises
1er septembre 2026Émettre des factures électroniquesGrandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire
1er septembre 2027Émettre des factures électroniques + e-reportingPME et micro-entreprises, dont les auto-entrepreneurs

Autrement dit : depuis septembre 2026, vos fournisseurs de grande taille peuvent déjà vous envoyer des factures au nouveau format, et vous devez pouvoir les réceptionner. Votre propre bascule à l’émission, elle, intervient le 1er septembre 2027.

Je ne facture pas la TVA (franchise en base) : suis-je quand même concerné ?

Oui, et c’est le point qui surprend le plus. La franchise en base (article 293 B du CGI) vous dispense de collecter la TVA, pas d’être assujetti. Or la réforme vise tous les assujettis. Vous devrez donc, comme les autres :

Vos factures continueront simplement de porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », comme aujourd’hui.

Concrètement, qu’est-ce qui va changer dans ma façon de facturer ?

Pour vos clients professionnels établis en France (B2B domestique), trois choses changent :

  1. Le format : la facture devra être un fichier structuré — Factur-X (un PDF lisible avec un XML embarqué), UBL ou CII. Un PDF « simple » ne suffit plus.
  2. Le circuit : la facture ne part plus directement chez le client. Elle transite par une plateforme agréée (la vôtre, puis celle de votre client), qui transmet aussi certaines données à l’administration fiscale. À noter : depuis la décision de la DGFiP d’octobre 2024, le portail public ne propose plus d’échange de factures gratuit — le passage par une plateforme agréée ou un logiciel qui s’y connecte est incontournable.
  3. Le contenu : de nouvelles mentions obligatoires s’ajoutent, dont le numéro SIREN de votre client et la catégorie de l’opération (voir ci-dessous).

En pratique, si vous utilisez un logiciel de facturation à jour, ces trois points sont gérés automatiquement : vous créez votre facture comme d’habitude, le logiciel s’occupe du format et de la transmission.

Et pour mes clients particuliers ?

Vos ventes aux particuliers (B2C) ne passent pas par le circuit de facturation électronique : vous continuez à facturer vos clients particuliers comme aujourd’hui. En revanche, vous devrez transmettre périodiquement à l’administration un récapitulatif des montants encaissés : c’est l’e-reporting, qui démarre pour les micro-entreprises à la même date, le 1er septembre 2027. Là aussi, un logiciel compatible fait cette déclaration pour vous.

Même logique pour vos clients professionnels étrangers : pas de facture électronique via plateforme, mais un e-reporting des transactions.

Quelles nouvelles mentions devront figurer sur mes factures ?

En plus des mentions déjà obligatoires (numéro de facture, date, SIRET, montants, pénalités de retard…), la réforme ajoute notamment (décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022) :

Bonne nouvelle : vous pouvez vérifier dès maintenant si vos factures actuelles contiennent bien toutes les mentions attendues.

Vérifiez gratuitement si vos factures actuelles sont conformes : Tester ma facture

Combien ça va me coûter ?

C’est la question sensible depuis que l’État a renoncé, en octobre 2024, à offrir un service d’échange gratuit sur le portail public. Le passage par une plateforme agréée est en principe payant, mais dans les faits, la plupart des auto-entrepreneurs n’auront pas à payer cet abonnement séparément : les logiciels de facturation destinés aux indépendants intègrent la transmission dans leur offre, et plusieurs proposent une formule gratuite ou à quelques euros par mois pour les petits volumes.

Le bon réflexe n’est donc pas de chercher « une plateforme agréée » en direct, mais de vérifier que votre logiciel de facturation (actuel ou futur) est raccordé à une plateforme agréée et gère le format Factur-X. Si vous facturez encore sur Word ou Excel, c’est le moment de comparer les solutions — le coût d’entrée est faible, souvent nul en dessous d’un certain nombre de factures par mois.

Que risque un auto-entrepreneur qui ne fait rien ?

Les textes prévoient une amende de 50 € par facture non émise au format électronique, plafonnée à 15 000 € par année civile, et de 500 € par transmission d’e-reporting manquante, avec le même plafond (montants revalorisés par la loi de finances pour 2026, à jour de juillet 2026). Une tolérance est prévue pour la première infraction régularisée.

Mais le vrai risque est ailleurs : à partir de septembre 2027, vos clients professionnels attendront des factures au format électronique pour les traiter dans leurs propres outils. Une facture non conforme, c’est un client qui ne peut pas la recevoir dans son circuit — donc des allers-retours, et un paiement retardé. Pour un indépendant, la trésorerie est un argument autrement plus concret que l’amende.

Par où commencer, dès aujourd’hui ?

Quatre étapes suffisent, sans urgence mais sans attendre l’été 2027 :

  1. Faites le point sur votre clientèle. Majoritairement des professionnels français ? Vous êtes en plein dans le dispositif. Uniquement des particuliers ? Seul l’e-reporting vous concerne — c’est plus léger.
  2. Testez vos factures actuelles avec notre vérificateur gratuit : il détecte les mentions manquantes et vous dit si vos PDF contiennent déjà le format Factur-X.
  3. Choisissez un logiciel de facturation compatible avec la réforme. La plupart des solutions pour indépendants intègrent (ou intégreront d’ici 2027) la connexion aux plateformes agréées — quelques recommandations en bas de cet article.
  4. Mettez à jour vos modèles : ajoutez dès maintenant le SIREN de vos clients professionnels et la catégorie d’opération. Ce sont de bonnes habitudes à prendre avant l’échéance.

La réforme est un changement d’outils plus qu’un changement de métier : bien équipé, un auto-entrepreneur n’aura pratiquement rien à faire de plus qu’aujourd’hui.

Dernière mise à jour : 22 juillet 2026
Contenu rédigé avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative, puis relu et vérifié avant publication (mentions légales).